Convergences et divergences

La qualifiée pour le duel final et le « troisième homme » du premier tour de l’élection présidentielle veulent débattre de leurs programmes respectifs. La candidate socialiste a évoqué dans la lettre qu’elle a adressée, mardi 24 avril, au président de l’UDF cinq thèmes à aborder : l’écologie, l’Europe, les institutions, l’éducation et l’emploi. Sans surprise, ce sont les sujets qui fâchent le moins les deux leaders. Si le candidat centriste a affirmé qu’il ne donnerait pas de consigne de vote à ses électeurs, il n’a pas exclu de révéler son propre vote si, d’ici au premier tour, il trouvait suffisamment de convergences entre son programme et les propositions de la candidate socialiste.

Institutions. C’est « LE » sujet sur lequel les deux protagonistes pourraient trouver un terrain d’entente. Tous deux parlent d’une VIe République. Ils ont déjà des propositions communes : la limitation du nombre de mandats présidentiels à deux, la transformation du Conseil constitutionnel en Cour constitutionnelle avec des membres élus ou confirmés par le Parlement, l’instauration d’un référendum d’initiative populaire et l’introduction d’une dose de proportionnelle pour l’élection des députés. Le PS envisage d’en élire environ 20 % sur ce mode, François Bayrou 50 %, mais le débat pourrait permettre de rapprocher les points de vue. Les deux insistent aussi sur un plus grand rôle du Parlement.

Europe. Mme Royal, comme François Bayrou, a promis de consulter à nouveau les Français, contrairement à Nicolas Sarkozy qui estime, que dans un premier temps, un mini-traité sur le fonctionnement de l’Europe à 27 pourrait être ratifié par le Parlement. Mais leurs programmes n’évoquent pas le contenu politique et économique de la nouvelle Europe qu’ils entendent proposer aux Français. Les deux ont voté « oui » au référendum de 2005, mais Mme Royal estime incarner la synthèse entre les camps du « oui » et du « non ».

Écologie. Les deux anciens adversaires devraient trouver sur ce terrain des points de convergence. Moratoire sur les OGM, éco-taxe sur le carbone ou les camions, augmentation de la part des énergies renouvelables, réorientation de la politique agricole européenne en faveur de l’environnement, nouvelle expertise de l’EPR… autant de propositions qui figurent pratiquement à l’identique dans les deux programmes.

Immigration. Les deux anciens rivaux du premier tour sont pour une politique de « régularisation au cas par cas sur critères », cette phrase étant utilisée par l’un et l’autre. Mais M. Bayrou met en avant comme critères l’existence d’un contrat de travail, la maîtrise du français et le mode de vie, alors que Mme Royal insiste davantage sur la durée de présence sur le territoire, les attaches personnelles, la scolarisation des enfants et la promesse d’un contrat de travail.

Education. Les deux protagonistes sont beaucoup moins d’accord sur l’école. Mme Royal a, la première, lancé le débat sur la carte scolaire qu’elle veut assouplir car « elle fige et cristallise les inégalités ». M. Bayrou considère que sa suppression serait « une faute républicaine ». Elle veut doubler l’allocation de rentrée scolaire alors qu’il n’en a pas parlé. Les deux se retrouvent sur l’organisation d’un soutien scolaire gratuit, et la rémunération des enseignants volontaires.

Sur l’université, les deux proposent une augmentation significative du budget de l’université et de la recherche : 10 % par an en cinq ans pour Mme Royal, 5 % par an en dix ans pour M. Bayrou.

Emploi. Les deux approches sont, en ce domaine, très différentes. La candidate socialiste parie sur une politique d’aides de l’Etat pour encourager l’embauche : 500 000 emplois-tremplins pour les jeunes mis en place par les collectivités locales ; 190 000 contrats première chance pour les jeunes sortis sans qualification et entièrement pris en charge par l’Etat pendant un an. L’ancien candidat centriste fait confiance à la capacité d’embauche des entreprises et leur promet, en échange, l’exonération de charges sociales et fiscales pendant cinq ans pour deux emplois nouveaux. Pour favoriser l’emploi dans les PME, il propose de leur réserver 20 % des marchés publics.

Sur les 35 heures, ils ne sont pas d’accord non plus : Mme Royal veut les généraliser aux PME tout en étudiant au cas par cas les modalités de leur mise en oeuvre ; M. Bayrou, comme M. Sarkozy, veut exonérer de charges les heures supplémentaires entre 35 et 39 heures.

Finances publiques. Ce sont deux visions du rôle de l’Etat dans l’économie que développent M. Bayrou et Mme Royal. Le programme du premier ne coûterait pas plus de 11 milliards d’euros, celui de la seconde entre 35 et 60 milliards, selon différentes évaluations. M. Bayrou veut inscrire dans la Constitution l’interdiction pour un gouvernement de présenter un budget en déficit de fonctionnement. Mme Royal justifie sa politique de dépenses publiques (emplois-tremplins, contrats première chance, augmentation du minimum vieillesse, hausse des crédits de la recherche…) par une vision active du rôle de l’Etat : il faut investir, créer de la demande pour relancer la croissance. « Son programme va aggraver durablement les problèmes de l’économie et déséquilibrer le déficit et la dette », tranche M. Bayrou.



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