CONFIDENCES 

VERDUN, Meuse (Reuters) – « Heureux et serein » à 48 heures du premier tour de l’élection présidentielle, François Bayrou veut mener campagne jusqu’au bout pour préserver « l’énergie » qui, dit-il, l’amène aux portes de l’Elysée.

Dans le petit avion qui l’emmène vendredi de Paris à Verdun, et le conduira plus tard dans la journée à Rouen, François Bayrou réfléchit, un oeil sur les journaux du matin.

« Il faut être heureux, les gens ont senti que j’étais serein », dit-il à propos de sa campagne.

« C’est bien » est son seul commentaire a propos de la « une » de Libération, qui le représente aux côtés de la candidate Ségolène Royal sous le titre « Au finish ».

Les sondages du Figaro l’interpellent. Les électeurs interrogés pour le quotidien lui accordent la palme de la meilleure campagne – « Ça fait quand même très plaisir ».

Pas de pause pour le député béarnais, qui s’offrira un dernier mini tour de France samedi, où il est notamment attendu à Toulon.

« J’ai la conviction que ce n’est pas de l’énergie perdue. C’est une énergie qui rayonne, qui touche les gens », dit-il.

A ses côtés, le général Philippe Morillon, député européen, a mis à sa veste une pochette orange, couleur fétiche de l’UDF. « Nos militants sont sur le pont », assure l’ancien commandant des casques bleus en Bosnie.

A la question de savoir si le téléphone portable de François Bayrou, dont il use beaucoup, lui sert à composer son prochain gouvernement, l’élu reste mystérieux. « On attend dimanche… »

A l’heure du premier bilan, François Bayrou revient sur les grands moments de sa campagne.

QUELQUE CHOSE DERRIERE LA MONTAGNE

Le meeting au palais omnisports de Paris-Bercy mercredi devant quelque 17.000 personnes ? « Quel pari ! S’il avait manqué 3.000 personnes, on aurait dit ‘ce pauvre Bayrou n’arrive pas à remplir Bercy’ ».

Sa déclaration de candidature, le 2 décembre dans le village béarnais de Serres-Castet ? « C’était vachement gonflé ». Le premier meeting, à Lille ? « Ma première phrase fut : ‘On sait à la première minute si une campagne est réussie ou pas’. A ce moment-là, je savais ».

Puis il y eu « l’incroyable » montée dans les enquêtes d’opinion, « du jamais vu ».

« Mais une campagne ce n’est pas de l’arithmétique, c’est une dynamique », nuance François Bayrou. Et d’ajouter, comme une prédiction : « Jusqu’à maintenant, on nous a toujours sous-estimés dans les sondages… »

Il se souvient de ses passages en banlieue, là où « les propos de Nicolas Sarkozy ont fait un mal incroyable à la République ». Et se remémore cette journée de mars en Seine-Saint-Denis, où une « onde » de passants est venue à sa rencontre sur le quai du RER à la gare du Nord.

« Les gens ont compris que je ne venais pas d’en haut, que j’incarnais la résistance contre les puissants », dit-il.

« Ils ont compris que j’avais la foi, même si je n’en parle jamais », ajoute le député, catholique pratiquant. « Les musulmans ont tellement de mal à vivre leur foi qu’ils apprécient que je les respecte comme tels. »

Pour François Bayrou, avoir la foi « ce n’est pas une question d’être bon ou mauvais, c’est une perspective sur la vie. Il y a quelque chose derrière la montagne. »

Le général Morillon acquiesce. L’élu européen, qui est aussi le conseiller défense de François Bayrou, affirme que ses collègues du Parlement espèrent comme lui une victoire du candidat centriste. « Ils brûlent des cierges ! », plaisante-t-il. « Ils savent qu’il est le seul à relancer le moteur européen ».

Les deux hommes rient au souvenir de la fête improvisée la veille au soir dans l’avion qui ramenait d’un meeting à Pau élus centristes et journalistes. « Bayrou en finale », chantaient les élus tandis que le commandant de bord adressait cette mise en garde : « Attention, cet avion n’atterrit qu’au deuxième tour ! »

« Le pilote votait pour moi, les stewards votaient pour moi, les bagagistes aussi », commente François Bayrou le plus sérieusement du monde.

A l’approche de Verdun, où son grand-père s’est battu en 1916, le candidat béarnais fait une sieste expresse. « Si je dors une minute, vous ne m’en voudrez pas ? ».



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