« Le Béarnais est pauvre mais il ne baisse pas la tête »

PAU (AFP) – Sur ses terres du Béarn, François Bayrou a promis de faire échec aux « puissances » qui voudraient maintenir le PS ou l’UMP à la tête du pays, jeudi soir devant plusieurs milliers de personnes réunies au Zénith de Pau.

En terrain familier devant son épouse Elisabeth, plusieurs élus et « amis » de la région et, selon l’UDF, 7.000 sympathisants dans la salle et 3.000 à l’extérieur, le candidat UDF à la présidentielle a insisté sur son enracinement en Béarn, «  »un pays de fierté qui refuse de plier ».

Celui qui avait démarré à 6% dans les sondages en janvier avant de devenir le « troisième homme » de la campagne a cité la devise d’Henri IV: « le béarnais est pauvre, mais il ne baisse pas la tête ».

Ce dernier grand meeting avant le premier tour a coïncidé avec la publication par le journal Le Monde d’un éditorial intitulé « Impératif démocratique », appelant à un second tour Ségolène Royal/Nicolas Sarkozy « pour assurer les chances d’un vrai choix ».

M. Bayrou, qui est crédité de 17% à 20% par plusieurs instituts de sondages, mais de 15% seulement par BVA, y a trouvé l’occasion de se présenter de nouveau en candidat anti-système, déterminé à appliquer le « principe de séparation entre les intérêts puissants et l’Etat ». « En face de cet immense mouvement de peuple » qui le soutient, il a décrit « le feu croisé, avec une violence jamais atteinte, de ceux qui ont un programme commun: surtout ne rien changer ».

« Pour vous, on doit supprimer le premier tour de l’élection présidentielle et passer directement au second », en votant pour Nicolas Sarkozy ou Ségolène Royal, a-t-il protesté, s’adressant à l’UMP et au PS, ainsi qu’aux « autres forces » qui les entourent, « des monopoles, médiatiques notamment ».

Mais « c’est le peuple qui décide! », a-t-il lancé, assurant que son élection serait « la loi de l’emmerdement maximum » pour « tous les puissants » voulant défendre « leur privilège principal, le monopole du pouvoir ». « Je suis décidé à conduire cette révolution là », a-t-il affirmé.

Cette « bonne vieille connivence entre les pouvoirs financier, politique et médiatique, voilà ce que nous menaçons par notre existence même », a-t-il assuré. Il a pris l’engagement d’ »enlever le pouvoir » à l’UMP, au PS et à leurs « réseaux », réaffirmant être « le seul à pouvoir gagner le deuxième tour contre l’hyper favori qu’on nous présente dans tous les sondages« .

Le député des Pyrénées-Atlantiques a assuré que pour les citoyens, son élection serait « sans risques, avec un président équilibré, modéré, qui aime la France plus qu’il n’aime le pouvoir, qui a des racines, qui a une vocation de rassembleur, qui peut parler et respecter ceux qui ne sont pas du même avis que lui ».

Une image qu’il a opposée, sans le nommer, à celle qu’il attribue habituellement à Nicolas Sarkozy. « A force de faire monter les tensions, entre les communautés, entre les origines, entre les religions, entre les couleurs de peau, on rend la France dangereuse », a-t-il dit dans une critique implicite de son rival UMP. « Je veux la France en sécurité, apaisée », a-t-il ajouté.

La réunion s’est conclue par la Marseillaise, suivie de l’hymne pyrénéen chanté en béarnais, comme lors de la déclaration de candidature de M. Bayrou, le 2 décembre dernier dans le village voisin de Serres-Castet. Dimanche, il votera à Pau avant de rejoindre son QG de campagne à Paris pour la soirée électorale.



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