Lettre à Mazarine

(où pourquoi des gens de gauche voteront François Bayrou) 

Source : Forum www.bayrou.fr

Chère Mazarine. Hier dans le Parisien (28 mars), vous dites ne pas comprendre pourquoi des gens de gauche veulent votre F.Bayrou. « Je ne me l’explique pas » ajoutez-vous. Chère Mazarine. Avez-vous cherché à comprendre, à entendre, simplement à écouter ? Notre parole a de la force, car elle vient de loin. Notre volonté est tranquille, car elle est répond aux besoins du moment.

Chère Mazarine, nous avons voté pour votre père en 1981. Nous en avions assez qu’une « France de droite » ne respecte pas une « France de gauche » et lui déniait la capacité d’exercer des responsabilités. Nous avons acquis le sens des responsabilités, avec Jacques Delors. Oui, nous avons accepté d’entrenprendre des modernisations industrielles parce que nous les savions nécessaires. Cela a commencé à dérailler. Pourquoi maintenir un discours formel de lutte de classe, de rupture avec le capitalisme, alors que, les mains dans le cambouis, nous découvrions les contraintes d’un pays réel. En 1988, nous avons voté pour votre père, parce qu le Chirac ultralibéral de 1986 (un sarko d’ujourd’hui) ne pouvait diriger le pays. Nous avons voté pour votre père qui pourtant nous suggérait le « ni-ni ». Il a gagné, haut la main. Il a ensuite réalisé une micro ouverture surtout pour y piéger Rocard; son ennemi. Nous avons mal vécu pendant 7 ans. En 1995, nous avons suivi de loin une campagne qui nous concernait de moins en moins. En 1997, nous avons voté mécaniquement. Jospin fut élu par surprise. Il a bien agi avec DSK pour relancer l’économie. Mais, avons-nous osé traiter les sujets d’avenir : celui des retraites par exemple. 10 ans après rocard, nous avons évité ce sujet qui fâche. En 2002, la gauche a perdu. En 2004, malheuresuement elle a gagné haut la main. En 2005, elle a gâché l’europe. Trop couarde ou trop suffisante pour affronter sa gauche irresponsable. Et voilà, que par un tour de marketing politique magnifique, la gauche nous offre un nouveau produit, un Royal positionnement. Le discours est vide, seul reste l’amour du pouvoir. Jamais de remise en cause : cette gauche de gouvernement ne s’est jamais intérogé. En 1983, s’ouvrait la parenthèse de la rigueur. Ce fut un acte politique courageux, votre père y a souscrit. Mais jamais, nous n’avons voulu assumé cette évolution de notre pensée. Nous avons changé, sans le reconnaitre, sans dire pourquoi, sans expliquer. Que votre père ait voulu, par réalisme, faire des concessions idéologiques au parti communiste, on peut et on doit l’accepter. Mais 30 ans plus tard ? Pourquoi ne pas assumer un peu de cohérence, entre la pensée, l’analyse du réel et les actes. Entre le dire et le faire. En rejoignant François bayrou, nous sommes forts et tranquilles car nous sommes fidèles à un moment fort de la gauche, celui de la vérité de Delors, assumé (volontaire ou contraint par votre père) par votre père. Il a fallu à l’époque du courage et de la lucidité pour casser l’inflation, fermer les mines après les avoir relancées. Quelques-uns en ont eu. L’un d’entre eux s’appelait Peyrelvade. Il est au côté de François Bayrou. Vous devriez cherché à comprendre, la fidélité à un moment de vie de votre père n’est pas chez ceux que l’on croit.



Laisser un commentaire

politish |
déclaration de corti |
Ce n'est pas rien |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | PARTI SOCIALISTE
| Le blog du Parti communiste...
| ENSEMBLE AVEC SEGOLENE ROYALE