Denis Badré : Retrouver le sens de l’intérêt commun en Europe

« Nous voulons retrouver le sens de l’intérêt commun » a déclaré Denis Badré. Le sénateur, rapporteur des affaires économiques et financières européennes, membre du Conseil de l’Europe, a rappelé que le traité de Rome signé il y a cinquante ans, fondait une communauté autour de la paix et de la promotion des droits de l’homme.

S’il constate que le mot « communauté » est aujourd’hui « galvaudé », il considère qu’il a tout son sens à un moment où les Etats sont tentés par le repli sur soi : « Une Europe communautaire, c’est une Europe dans laquelle les peuples européens voient qu’ils ont un intérêt commun à défendre » a expliqué le sénateur. Denis Badré propose de revenir à la méthode de Robert Schuman : il disait que pour construire une paix durable, il ne fallait pas signer des traités qui exacerbent les nationalismes et l’esprit de revanche comme en 1918, mais il faut apprendre aux hommes à travailler ensemble. Il a également cité Jean Monnet qui disait que nous sommes réunis pour construire une œuvre commune et non pour négocier des avantages : autrement dit, nous devons trouver notre avantage dans l’avantage commun. Denis Badré s’est ainsi fermement opposé aux marchandages entre Etat. Or aujourd’hui, « l’Europe est en miette » : il suffit de voir les discussions sur le budget pour voir que chaque Etat membre défend sa contribution.

Denis Badré craignait qu’après le « non » français au traité constitutionnel, la France soit marginalisée. Il constate que l’Europe continue à nous attendre et qu’elle n’avancera pas sans nous et le couple franco-allemand. C’est une bonne surprise ! Il est convaincu que « l’Europe attend la France et que le monde attend l’Europe ». Pour relancer le projet européen, « il faut faire adhérer le peuple français » a assuré le sénateur des Hauts-de-Seine. Il faut donc s’adresser aussi bien à ceux qui ont dit « oui » au traité qu’à ceux qui ont dit « non » : les premiers ne doivent pas être orphelins d’Europe et les seconds qui souhaitent que l’Europe s’améliorent, doivent aussi être écoutés. « Je ne veut pas que l’Europe reste en panne » a déclaré Denis Badré. Cela passe par un nouveau référendum. Denis Badré reconnaît qu’il y un risque d’un nouveau rejet mais il est convaincu que si on ne le fait pas, on prend un risque plus grave encore de voir les Français se détourner définitivement de l’Europe. Il faut, selon lui, un texte lisible : « Soumettre in extenso un texte aux Français, ce n’est pas sérieux ». Mais Denis Badré ne veut pas d’un mini-traité vidé de sa substance : il faut conserver l’essentiel du texte. Il a rappelé que dix-huit pays ont ratifié le traité, la France ne pourra pas imposer aux autres Etats membres sa manière d’autant que les 25 s’étaient déjà mis d’accord et chacun avait déjà fait des concessions. La France devra donc trouver un nouveau consensus avec ses partenaires. Elle devra aussi écouter les objections faites par les tenants du « non » et notamment mettre en exergue « le projet social qui identifie l’Europe dans le monde ». Mais pour lui, « il n’y a pas d’issue par le bas ».



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