Nicolas Perruchot : « Redonner aux Français le goût d’entreprendre ! »

Nicolas Perruchot était l’invité des Enjeux de l’Economie sur Bloomberg Television pour évoquer le programme économique de François Bayrou. Il débattait avec Philippe Aghion, professeur d’Economie à la Harvard University et visiteur à la Paris School of Economics. L’occasion pour le député-maire de Blois de présenter les mesures économiques phares de François Bayrou. Et d’insister sur la nécessité de redonner le goût de l’entreprise et du travail aux Français.

Nicolas Perruchot estime d’emblée que tous les projets de relance de la croissance ont échoué depuis dix ans. Lionel Jospin disposait de leviers importants, il les a tous gâchés. François Bayrou essaye de combiner un système qui permettrait de relancer la croissance sans altérer le premier combat à mener, celui nécessaire de la dette française qui s’élève aujourd’hui à plus de mille deux cents milliards d’euros, sans compter le déficit de la Sécurité sociale, estimé à huit cents milliards d’euros. C’est la montagne à gravir par sa face nord et François Bayrou est bien décidé de s’y attaquer.

La première priorité de François Bayrou, explique le député-maire de Blois, est donc de faire baisser la dette des finances publiques. La deuxième sera de concentrer tous les efforts sur le budget de la recherche dont les fonds seront doublés. La recherche alliée à l’éducation, la formation professionnelle et l’ascenseur social à l’intérieur des entreprises. Le candidat à l’élection présidentielle souhaite également instaurer une nouvelle forme de gouvernance des universités. Le système universitaire actuel échoue à former les jeunes diplômés pour l’entrée dans le monde du travail. Ce système est complètement bloqué, notamment dans sa liaison entre les pôles universitaires de recherche et l’entreprise dont la combinaison pourrait être un formidable facteur de création d’emplois et de richesses.

Le budget concocté par l’équipe économique de François Bayrou sera à l’équilibre : vingt-et-un milliards d’euros de dépenses en finances publiques face à vingt-et-un milliards d’euros d’économie sur des postes qui restent à définir. Nicolas Perruchot insiste sur le fait que l’Etat et les collectivités locales auront à l’avenir un devoir d’investissement dans les secteurs clefs de l’éducation et des petites et moyennes entreprises qui représentent un maillage de deux millions et demie d’entreprises dans notre pays. Mais le rocher reste bien la dette dont le seul remboursement des intérêts s’élève à cent quinze milliards d’euros par an, l’équivalent de l’impôt sur les sociétés en France. Si l’on ne s’attaque pas rapidement et efficacement à ce problème crucial, les conséquences pourraient devenir désastreuses pour l’avenir.

Pour Nicolas Perruchot, il existe en effet une nécessité de flexisecurité, ainsi que l’on procède au Danemark. Nous en avons discuté longuement notamment avec Jean Peyrelavade qui n’y est absolument pas opposé, déclare Nicolas Perruchot. Simplement, l’équipe de François Bayrou désire se concentrer sur l’investissement à court et moyen terme de la relance par les petites et moyennes entreprises. Elles pourraient en cela être soutenues par le Small Business Act. Une mesure inventée aux Etats-Unis en 1953 destinée à réserver les marchés publics de moins de cinquante mille euros aux petites et moyennes entreprises. Et tous les marchés publics de plus cinquante mille euros devront être soumis à ces mêmes PME à hauteur de vingt pour cent d’entre elles.

C’est ainsi que Nicolas Perruchot et François Bayrou pensent que la croissance peut revenir en France, avec des mesures volontaristes et offensives. Ils souhaitent un Etat pro-PME avec une deuxième mesure phare qui serait de proposer à toutes les entreprises quelle que soit leur taille de pouvoir créer deux emplois francs de charges sociales, sauf dix pour cent réservés au financement des retraites. François Bayrou estime que cette simple mesure créerait d’emblée entre quatre-vingt cinq mille et cent cinquante mille emplois directement. La société américaine a opéré une dynamique économique de la sorte. Il pense, Nicolas Perruchot avec lui, que la France peut s’en inspirer avec succès.

Nicolas Perruchot, membre de la Commission des Finances à l’Assemblée nationale, mise aussi beaucoup sur le développement des Business Angels. Mais encore plus sur le matelas d’assurance-vie, dont on estime à mille deux cents milliards d’euros la valeur globale. Il pense que l’on pourrait réinjecter dans l’économie active une partie de ces fonds, notamment dans le secteurs des entreprises. Le problème crucial sera donc celui de la dette, avec certainement trois à quatre années de rigueur économique. Les Français sont aujourd’hui assez mûrs pour l’entendre. A l’issue de cette période, les fruits de la croissance revenus, on pourra effectivement relancer la machine à entreprendre. Nicolas Perruchot estime que, à l’instar des principaux candidats qui sont sur la même longueur d’ondes sauf Nicolas Sarkozy, trop de subventions ont été accordées aux grandes entreprises du CAC 40.

La libre entreprise a été bridée en France, il faut lui redonner du souffle. On a concentré les difficultés depuis vingt-cinq ans, il est temps de sortir de cette période. Et de redonner envie aux Français le goût d’entreprendre. Et de travailler plus s’ils en ont envie. Une partie des Français s’est arrangée des trente-cinq heures. Une autre souhaiterait travailler plus. On leur en donnera l’occasion en augmentant la rémunération des heures supplémentaires à trente-cinq pour cent, en supprimant les charges sociales à payer par l’entreprise. C’est tout le sens de la social-économie présentée par François Bayrou pour cette élection présidentielle, conclut Nicolas Perruchot.



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