François Bayrou : « Je veux imposer le renouvellement de la politique ! »

François Bayrou était l’invité d’Audrey Pulvar sur France 3 au cours du journal du soir. Il a rappelé la nécessité du changement du personnel politique. Il a prôné le rassemblement plutôt que la division et a confié que la prochaine majorité législative, s’il venait à être élu, serait composée, à l’instar de son gouvernement, d’hommes et de femmes de bonne volonté, engagés dans le même combat de redressement national. Il a confirmé son intention d’être présent jusqu’au bout dans la course présidentielle.

François Bayrou n’a jamais beaucoup marqué d’intérêt pour les sondages. Simplement, quand ils indiquent un mouvement aussi important que celui-là, ils signifient certainement quelque chose, selon le candidat à l’élection présidentielle. François Bayrou l’affirme : « Je n’ai jamais dit que j’étais sûr de l’emporter. » Il sait que cette élection est extrêmement difficile. Il affronte « pour ainsi dire deux mastodontes à mains nues. » Les deux plus gros appareils politiques, ceux qui ont le monopole de la vie publique depuis plus de vingt-cinq ans. Vingt-cinq ans qu’ils sont là, vingt-cinq ans que d’une manière ou d’une autre, ils travaillent ensemble, en faisant semblant de s’affronter. Évidemment, pour François Bayrou, trouver un espace parmi eux est très difficile, ne serait-ce qu’en termes de moyens financiers et humains.

François Bayrou affirme avoir fait du chemin depuis sa participation aux différents gouvernements. C’était il y a dix ans de cela. Il dit avoir fini par parvenir à la conclusion que cet affrontement perpétuel entre le Parti socialiste et l’ex-Rassemblement pour la république devenu UMP, ne pouvait pas grandir la France. Il y a mille problèmes devant nous. Ces problèmes sont tous aussi graves les uns que les autres. La banlieue, les jeunes en banlieues que l’on vient d’illustrer par un reportage montrant François Bayrou accueilli chaleureusement en Seine Saint-Denis. La dette, l’école, tous ces problèmes sont tels qu’ils ne peuvent plus être le champ clos de l’affrontement du PS et de l’UMP.

François Bayrou ne plaide pas pour que l’UDF change de camp, il plaide pour que la France change de camp. Pour qu’on arrête de poser la question en terme de camp. Pour les téléspectateurs, les problèmes qui sont les leurs dans leur vie, le logement, les enfants, les crèches, les fins de mois, ces problèmes ne sont pas des problèmes d’étiquettes politiques. Les Français savent pertinemment que ni le parti socialiste, ni l’UMP n’ont jamais répondu aux questions graves qu’ils se posent. Ce que veulent les Français, c’est que des gens se décident à prendre les problèmes à bras-le-corps et se mettent à travailler ensemble. Au lieu que les uns travaillent contre les autres. « Le monde des observateurs politiques, naturellement, n’est pas habitué à ce changement. » avanace-t-il. Mais c’est un changement nécessaire. Cette guerre incessante est d’un autre temps. En tous les cas, dans la situation de notre pays. « Quand ça ira mieux, dit-il, s’ils ont vraiment envie que cela reprenne comme avant, pourquoi pas. Mais aujourd’hui, le devoir est de travailler ensemble à l’oeuvre de redressement national. »

Les deux grands partis monopolistiques offrent un spectacle désolant : ils sont en train de se disputer devant les yeux ébahis de tous les Français. Au sein du PS pour savoir s’il faut discuter avec lui. Au sein de l’UMP, ils installent un comité pour cibler ceux qui souhaiteraient voter pour lui. Mais pour François Bayrou, tout cela n’a aucune importance. Il soutient que précisément, si les Français le soutiennent dans son entreprise, c’est parce qu’ils ont décidé de tourner la page sur les appareils politiques. Que ces mêmes appareils politiques soient aujourd’hui en panne d’idées face à lui, cela ne revêt plus aucune importance. Il y a aujourd’hui en France des dizaines, des centaines d’hommes et de femmes de bonne volonté, d’expérience qui pourront le rejoindre le moment venu. Corinne Lepage ou Jean Peyrelevade l’ont déjà fait. Des gens d’expérience dans le domaine économique, scientifique, social qui souhaitent participer au grand mouvement de redressement national. Ils sont décidés d’en être, d’apporter leur part au projet que François Bayrou propose aux Français. Il précise par ailleurs à Audrey Pulvar que lorsqu’une personne est élue à la présidence de la République, elle n’a aucune difficulté dans la formation de son gouvernement. Elle est plutôt confrontée à celle de choisir parmi différentes compétences, parfois toutes égales d’importance et de talent.

En ce qui concerne l’après-présidentielle, François Bayrou précise qu’après les élections législatives, le gouvernement s’appuiera sur une majorité solide, composée de candidats investis dans toutes les circonscriptions de France. Parce que, dit-il, « je veux imposer le renouvellement de la politique. » « Voir toujours les mêmes sortants, cela suffit. » se désole-t-il. Ces nouvelles personnes que François Bayrou souhaite voir monter au créneau politique auront son estime. Il y a déjà des candidats partout en France, mais il tient à laisser la porte ouverte. Ce qui est une attitude nouvelle dans la politique française, de ne plus verrouiller le système. Pour lui, s’il est élu, alors chacun pourra se réclamer de ce choix des Français de redresser la France dans un élan de redressement national. Chacun avec son expérience, son chemin, avec son identité, ce qu’il est, chacun pourra entrer dans la nouvelle alliance. Cette nouvelle manière de se confronter aux réalités quotidiennes lui paraît essentielle. Il ne veut pas nommer de copains aux postes-clefs de la République. Il souhaite de la compétence et de l’ouverture.

François Bayrou, candidat à l’élection présidentielle, conclue son intervention sur cette condition indispensable pour tout sportif qui s’engage avant un match : si l’on souhaite gagner, il ne faut envisager que la victoire. Tout autre hypothèse vous déconcentre et vous fait fléchir. Il n’a pas l’intention de fléchir. Il restera jusqu’au bout dans le match présidentiel.

France 3



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