Un gouvernement élargi pour sortir de la crise

Hervé Morin considère que la crise traversée par la France est aussi grave que celle vécue en 1958 avec la guerre d’Algérie. Il a cité l’exemple du général de Gaulle qui avait formé à l’époque, un gouvernement d’entente nationale. Hervé Morin a expliqué que François Bayrou voulait de la même manière rassembler la droite et la gauche modérées pour redresser le pays, soit 70% des Français.

Hervé Morin n’est pas inquiet des résultats des derniers sondages. L’institut CSA donne 21% des intentions de vote à François Bayrou, soit un recul de trois points par rapport à sa précédente enquête. Le député de l’Eure a expliqué que le CSA avait eu tendance, ces derniers mois, à placer son candidat largement derrière les autres instituts de sondage : au mois de janvier dernier, François Bayrou était ainsi crédité de 6% des intentions de vote contre plus de 10% chez les autres. Ces dernières semaines, l’institut CSA avait fini par placer François Bayrou largement au dessus des autres enquêtes à 24% des intentions de vote contre 21 à 23% chez les autres. Hervé Morin pense cependant que dans l’opinion, son candidat est au-delà de 21%. Il a pris deux exemples pour justifier son intuition : à Evreux, plus de 2500 personnes sont venues écouter François Bayrou. Le gardien du hall d’exposition n’avait jamais vu autant de monde. Et son livre Projet d’espoir est la plus grosse vente de la semaine en librairie.

Gouverner avec qui ?

Hervé Morin a expliqué que le calendrier électoral avait été remis sur ses pieds – l’élection présidentielle précède les législatives, ce qui permet de changer le paysage politique. Si François Bayrou est élu, le peuple français lui aura donné mandat de rassembler dans un même gouvernement la gauche et la droite modérées qui représentent, selon lui, 70% des Français. Il a précisé qu’il pensait à la gauche social-démocrate qui croit en l’économie de marché et qui a compris que le tropisme du PS n’était plus d’aller vers l’extrême gauche. Selon lui, Dominique Strauss-Kahn ne dit pas autre chose lorsqu’il laisse entendre qu’il pourrait faire une majorité avec l’UDF. En revanche, il a estimé que Laurent Fabius et Henri Emmanuelli n’avaient pas leur place dans la majorité que veut former François Bayrou. Hervé Morin est, en outre, certain que si son candidat était élu, les Français auront la cohérence de lui donner une majorité à l’Assemblée nationale. C’est ce qui s’est passé en 1958 lorsque le général de Gaulle est revenu au pouvoir ou en 1981 quand François Mitterrand a été élu Président.

Hervé Morin s’est souvenu que Guy Mollet avait accepté de participer au gouvernement De Gaulle contre l’avis du PS de l’époque, il avait alors déclaré qu’il préférait être au gouvernement pour sauver la République plutôt que de la voir sombrer. Le député de l’Eure considère comme François Bayrou que la France est dans une crise au moins aussi grave qu’à l’époque de la guerre d’Algérie. Il a rappelé le contexte : 4,5 millions de chômeurs ; des banlieues en feu pendant plusieurs semaines avec un Etat qui avait complètement disparu ; une compétitivité du pays défaillante avec 30 milliards d’euros de déficit commercial en 2006 quand l’Allemagne engrange 30 milliards d’excédent par mois ; 1300 milliards d’euros de dette avec une charge de la dette qui représente la totalité de l’impôt sur le revenu payé par les Français… Quant aux sceptiques qui reprochent à François Bayrou d’être un homme du « système », Hervé Morin s’est exclamé : « Heureusement qu’il est un professionnel de la politique ! ». Le député de l’Eure et président du groupe politique à l’Assemblée nationale, considère que la politique, cela s’apprend et cela nécessite un peu d’expérience. Il a, en outre, rappelé que la nomination à des postes de ministre de personnes issues de la société civile, avait toujours donné des résultats peu probants.

Libérer l’embauche

S’agissant du projet du candidat, Hervé Morin a expliqué comment François Bayrou envisageait l’organisation du marché du travail. Le candidat à l’élection présidentielle propose de distinguer ce qui relève de la loi de ce qui relève de la négociation branche par branche. Temps 1 : François Bayrou propose que l’heure supplémentaire soit rémunérée 35% de plus que l’heure normale avec une baisse des cotisations sociales à due proportion pour que cela ne coûte pas plus cher à l’entreprise. Temps 2 : dans chaque branche, les partenaires sociaux négocient la durée légale du travail et plus généralement les normes sociales car les contraintes horaires et la pénibilité du travail notamment, ne sont pas les mêmes selon le secteur d’activité.

Pour libérer l’embauche, François Bayrou propose de permettre à toute entreprise de pouvoir créer deux emplois nouveaux sans charges sociales (exception faite de 10% pour la retraite) pendant cinq ans. Il n’a pas nié qu’il existe un risque d’effet d’aubaine pour les entreprises comme dans toute mesure d’exonérations mais il y a, selon lui, des secteurs de l’économie qui n’attendent que ce genre de mesures pour embaucher : Hervé Morin s’est appuyé sur les résultats du rapport Camdessus de 2004 qui montrait qu’à activité égale, l’Allemagne avait créée 1,5 million d’emplois de plus que la France dans l’hôtellerie et la restauration. Hervé Morin a fait remarquer que sur 2,7 millions d’entreprises, 1,5 million n’ont aucun salarié et 1 million ont entre 1 et 9 salariés, ces TPE (toutes petites entreprises) représentent un gisement d’emplois. Le député de l’Eure pense que la mise en place des emplois francs va permettre de vérifier que le frein majeur à l’embauche, c’est le montant des charges sociales : elles ont doublé entre 1976 et 2006. Si cette première étape est concluante, François Bayrou pense à terme transférer les cotisations sociales qui pèsent sur les salaires sur d’autres sources de financement.

Enfin, pour permettre aux PME de grandir, le candidat à l’élection présidentielle propose d’instaurer un small business act à la française afin notamment de leur garantir une simplification et une stabilité juridiques mais surtout de réserver une part des marchés publics aux PME comme cela se fait aux Etats-Unis depuis plus de cinquante ans. Hervé Morin a expliqué que François Bayrou comptait également sur les pôles de compétitivité pour rapprocher l’université, la recherche et la formation afin de créer des PME aussi performantes qu’en Allemagne.



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